L’homéopathie peut-elle vraiment guérir ?

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« Le seul moyen de guérir, c’est de se considérer comme guéri. » Gustave Flaubert

Technique thérapeutique unique en son genre suscitant toujours beaucoup de controverse, l’homéopathie est pratiquée un peu partout dans le monde, tant par des médecins, des dentistes et des vétérinaires que par des naturopathes, des ostéopathes, des praticiens de la médecine ayurvédique, et plusieurs autres professionnels de la santé. 

L’homéopathie est utilisée régulièrement par  30% des français, où elle est le plus populaire. En Grande Bretagne, cinq hôpitaux sont utilisateurs de traitements homéopathiques. Six universités proposent une formation validée par un diplôme « Bachelor of  Science ». En Inde, cette pratique est très répandue, 250 000 homéopathes exercent et traitent près de 10 % de la population avec ces seuls produits.

Cette popularité grandissante, ces trente dernières années, est due aux résultats probants des médicaments homéopathiques, mais aussi à leur faible coût, en comparaison aux médicaments traditionnels de la médecine allopathique. L’association humanitaire « Homéopathes sans Frontières » travaille sur la prise en charge de malades dans les pays pauvres, notamment en Afrique, et également pour la formation des soignants locaux. 

Définition et Histoire

L’homéopathie est un mot inventé par Hahneman en 1796, à partir du grec omoios « semblable » et pathos « souffrance, maladie ». C’est une thérapeutique qui traite la maladie par des substances médicinales, ayant la propriété de produire des symptômes semblables chez une personne saine. C’est la grande différence avec la médecine traditionnelle ou allopathie, qui traite par l’opposé, l’autre allo. Par exemple, dans la médecine allopathique, on donne un antiacide pour l’acidité gastrique, un hypotenseur pour corriger l’hypertension artérielle.

L’homéopathie est une méthode thérapeutique, globale et holistique, qui consiste à soigner les malades au moyen de doses faibles, ou infinitésimales, obtenues par dilution et agitation, d’une substance choisie en fonction de l’expression des symptômes selon la typologie physique ET psychique du patient.

Hahnemann était très déçu de la médecine de son époque, qui reposait beaucoup sur la divinité et la pratique de saignées, lavements et l’administration de métaux lourds à des doses qui s’avéraient souvent létales pour les patients. En traduisant des textes, il réalisa quelques expériences et se rendit compte que des substances qui provoquent un certain symptôme chez une personne saine, soigne ce même symptôme, administrée à très faible dose.

Principes

L’homéopathie repose sur trois grands principes fondamentaux :

-  Le principe de similitude: en mettant en correspondance les symptômes du malade et les symptômes provoqués par la substance sur une personne saine. Exemple : Quand une abeille nous pique, elle provoque un gonflement (œdème), une rougeur de la peau et une douleur vive avec sensation de brûlure. En homéopathie, on utilise le médicament Apis, a base d’abeille entière vivante, dans tous les œdèmes rosés d’apparition brutale, qui sont localement aggraves par la chaleur.

-  Le principe d’«infinitésimalité»: le médicament homéopathique est obtenu par dilutions successives de la substance de départ. Ces dilutions sont tellement importantes, que physiquement il n’ya presque plus de trace moléculaire de la substance! Après chaque dilution la préparation est secouée  énergiquement, ce qui lui permettrait de conserver ses effets pharmacologiques malgré les dilutions importantes. Sur un médicament homéopathique, le nombre qui précède l’abréviation CH, correspond au nombre de dilution. Ex : Sepia15CH ou Arnica30CH. Plus le nombre de dilution est élevé, moins il y’a de produit et plus l’action est forte !! On donne une dilution élevée quand le produit est fortement adapté et spécifique au patient.

-  Le principe de globalité: L’homéopathe analyse les symptômes spécifiques présentés par le patient dans sa globalité et non pas seulement les symptômes classiques de sa maladie. On ne traite pas un symptôme précis, mais un patient, avec tout ce qui le définit, physiquement et psychologiquement. 1 médicament = 1 patient = 1 profil

A quoi ressemblent les médicaments homéopathiques ? De quoi sont-ils faits ?

Les deux formes les plus courantes sont les granules et les solutions liquides, les teintures-mères.

Les granules sont des petites boules de saccharose et de lactose contenant la substance active diluée. On doit les faire fondre sous la langue. La teinture-mère, est la macération du produit actif dans de l’alcool, qui sera diluée plusieurs fois par la suite.

Les substances actives peuvent être d’origine :

-         Végétale (la majorité) : Des plantes récoltées, fraiches et sauvages ex : Arnica

-         Animale : Un animal entier ou une partie ou sécrétion d’un animal est utilisée ex : l’abeille pour Apis ou la vipère pour Vipera

-         Minérale : corps naturels comme le sel de mer, la silice ou le pétrole par exemple ; ou encore des substances chimiques.

Qui peut utiliser les médicaments ?

La thérapeutique homéopathique convient à tous les âges et à tous les individus, nourrissons, personnes âgées, femmes enceintes, diabétiques (la composition en saccharose du granule homéopathique ne constitue pas une contre-indication a leur utilisation)…etc. soit en première intention, soit en complément d’un traitement.

L’avantage du médicament homéopathique est qu’il n’a AUCUN effet secondaire ou indésirable. On peut associer les médicaments homéopathiques, sans aucun problème, à toute autre médication : allopathie (médicaments traditionnels), phytothérapie (plantes) ou oligothérapie (minéraux). Il n’ya aucune contre-indication. Si le traitement ne fait pas de bien, car mal adapté au patient, il ne peut faire aucun mal. En revanche, il n’est pas possible de « se vacciner » par homéopathie ! Mais il existe des traitements homéopathiques qui évitent certaines maladies, comme la grippe par exemple.

Que soigne-t-on le mieux par homéopathie ?

Il faut différencier les pathologies de terrain, c’est à dire les pathologies qu’on a tendance à faire, celles qui nous définissent et qui sont récurrentes dans notre vie ; et les pathologies aigues, en phase de crise. Mais dans les deux cas, on soigne principalement :

+Chez l’enfant et l’adolescent :

-         Troubles ORL et respiratoires a répétition

-         Maladies allergiques (peau, yeux, respiratoires…)

-         Troubles du comportement (agitation, anxiété, énurésie…etc.)

-         Acné, troubles des règles

-         Fatigue scolaire

-         Migraines, douleurs du rachis (dos)

+Chez l’adulte et la personne âgée :

-         Troubles digestifs et du transit (colopathies, diarrhée, constipation, ulcère…etc.)

-         Troubles des règles, de la grossesse, de la ménopause

-         Troubles veineux

-         Etats dépressifs, troubles du comportement, du sommeil

-         Allergies et troubles respiratoires

-         Rhumatismes et douleurs articulaires

-         Maladies cardiovasculaires et hypertension

-         Troubles urinaires et de la prostate…etc.

Conclusion  

Aujourd’hui aucune étude scientifique ne peut expliquer comment agit le médicament homéopathique. La presque inexistence de trace moléculaire de substance active dans les médicaments rend les scientifiques très sceptiques. Plusieurs études et expérimentations essayent de comparer l’efficacité des médicaments homéopathiques à ceux de l’allopathie, et de démontrer ou non leur intérêt. Mais la méthodologie des études conventionnelles n’est pas adaptée au fonctionnement particulier de l’homéopathie. En effet, en homéopathie, on ne traite pas un symptôme isolement, mais la personne entière. Il devient alors très délicat de mettre cela en évidence scientifiquement. Beaucoup de scientifiques, affirment donc que l’efficacité de l’homéopathie ne serait due qu’à l’effet placebo.

Quoi qu’il en soit, placebo ou pas, sa popularité grandissante montre bien que cette médecine a bel et bien des résultats. Et puisqu’elle ne peut pas nous nuire, pourquoi pas l’essayer ?? On na vraiment rien à perdre, au contraire, on a tout à y gagner.


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